Cérémonie du 14 juillet ǀ Cette année la Fête Nationale française s’est déroulée dans un site exceptionnel de Mahé (Cap Lazare - Jardin d’Eden)

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Allocution de S. Exc. M. Lionel Majesté-Larrouy
Ambassadeur de France aux Seychelles
14 juillet 2016
Cap Lazare – Jardin d’Eden

Monsieur le Ministre et Madame Morgan,
Madame la Chef Juge,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et MM. les membres du corps diplomatique et consulaire
Chers Compatriotes et chers amis Seychellois,
Distingués invités, du monde de la politique, de la culture, des Arts, de l’économie, de la Défense et de la société civile,
Bonjour à tous et bienvenue dans ce Jardin d’Eden qu’est le Cap Lazare.

Vous comprenez désormais, dans cette nature somptueuse et à la lumière du jour, pourquoi ce site exceptionnel de Mahé a été préféré à une plus conventionnelle réception entre quatre murs et quelques luminaires. Ma famille et moi vous remercions vivement de votre présence.

Qu’il me soit permis de rendre un hommage appuyé pour commencer à tous ceux qui nous ont apporté leur aide dans l’organisation et la bonne tenue de cette fête. Tous nos mécènes, particuliers et entreprises, seychellois, français, belges, institutions publiques et privées. Je les remercie tous pour leur générosité et leur temps.
L’Ile voisine de La Réunion est à l’honneur cette année. Elle a reçu la visite de trois ministres seychellois et de nombreuses délégations. Je vous fais grâce de la noria de techniciens réunionnais en mission ici, dont le travail contribue efficacement au rapprochement entre les deux territoires.

Nous attendons beaucoup de retombées économiques de la levée des restrictions phytosanitaires seychelloises pour vitaliser le commerce de produits agroalimentaires réunionnais vers les Seychelles et vice versa. Vous dégusterez tout à l’heure quelques spécialités qui seront bientôt sur le marché local.

J’en profite aussi pour saluer tous nos amis réunionnais qui nous honorent de leur présence aujourd’hui. Une mention particulière me sera permise pour Jean-Claude PECH, Consul des Seychelles à La Réunion, inlassable bienfaiteur « seychellophile ».
« Seychellophiles », tous les Français le sont, Monsieur le Ministre, et vous le savez bien. Et cela depuis longtemps.

A quelques semaines près, voici 260 ans, en novembre 1756, le roi de France prenait de nouveau officiellement possession, après celle de Lazare Picault, de ces îles inhabitées Mahé de La Bourdonnais, rebaptisées pour l’occasion « Séchelles ». Puis en 1769, le Commandant du navire « La Digue » les explora, sur l’ordre du Duc de Praslin.

Baie Lazare, Mahé, Seychelles, La Digue, Praslin… nous sommes toujours bien dans l’actualité 260 ans après. Et n’oublions pas non plus ce fameux clin d’œil de la France à la proclamation de la nouvelle indépendance des Seychelles, ou peut-être ce geste d’amitié malicieux du Quai d’Orsay qui, il y a exactement 40 ans, pour fermer la parenthèse coloniale britannique, décidait de nommer comme premier ambassadeur de France à Victoria en 1976, le Duc de Choiseul-Praslin…
L’Histoire a ses hauts et ses bas. Tout dépend dans quel sens on la prend. Mais l’amitié qui nous lie est aussi substantielle que dense. Elle nous a permis de répondre main dans la main, ensemble, aux défis auxquels ont été confrontés les hommes et les femmes de cet univers indianocéanien auquel nos deux pays appartiennent.

C’est une tautologie que de dire que notre relation bilatérale frise l’excellence. Il en va de la diplomatie, bien sûr, où nous sommes en phase sur tous les dossiers de la région et du monde, mais aussi de la sphère politique, sécuritaire, sociale et économique et des échanges culturels et humains. Il s’agit d’un maillage dense qui couvre tous les domaines, marqués du sceau de la compréhension mutuelle, je dirais même de la fraternité.

Sans doute parce que nos deux pays savent manifester, au-delà de contingences purement commerciales ou de puissance, leur capacité à se projeter ensemble dans l’avenir, en gardant toujours à l’esprit le bien commun de l’Humanité et l’évolution de nos sociétés, en préservant – comme les Seychelles ont si bien su le faire, y compris à l’occasion de la Conférence de Paris sur le Climat – la nature, les ressources et l’environnement.

Où est la France dans l’essor des Seychelles ?
Elle est déjà bien présente, vous le savez. Mon ambition d’ambassadeur auprès de vous ? Elle est globale. Et simple à formuler : être à vos côtés, comme toujours et toujours plus, dans votre marche en avant. C’est aussi la volonté d’agir, agir pour défendre, assumer nos valeurs, face aux menaces, proches ou lointaines, celles qui fabriquent l’intolérance. Je voudrais à cette occasion remercier les autorités et le peuple seychellois pour les gestes de solidarité dont ils ont fait preuve à l’occasion des événements qui ont tragiquement endeuillé notre pays l’an dernier.

La France, ce n’est pas seulement la France officielle, même si la France officielle fait beaucoup, en matière de défense et de sécurité, de santé, de biens publics et de services collectifs, y compris en appui décisif aux programmes de l’Union Européenne.

C’est aussi l’éducation et la culture, grâce à nos fleurons de l’Ecole Française et de l’Alliance Française des Seychelles. La première fêtera bientôt ses 35 ans d’existence. Elle a beaucoup grandi et s’insère désormais tout à fait dans le paysage éducatif seychellois.

Rappelons que plus de 65% des élèves qui la fréquentent sont seychellois. Son projet éducatif et pédagogique, une scolarité plurilingue de haut niveau, certifiée par des diplômes reconnus internationalement, est plébiscité. A tel point que l’Ecole a atteint ses capacités maximales d’accueil et s’active maintenant à moderniser ses infrastructures et équipements en s’agrandissant pour accueillir les familles en liste d’attente.

L’Alliance Française de son côté poursuit son processus de modernisation vers un centre culturel et linguistique qui repose plus que jamais sur la démarche de haute qualité de son offre de cours et d’examens et d’accès direct aux hautes technologies de l’information et de la communication pour ses activités.

La France, c’est aussi nos compatriotes, qui vivent ici, durablement et souvent depuis longtemps, travaillent, échangent et coopèrent et contribuent fortement à l’économie du pays. Avec une augmentation régulière depuis 5 ans de 10 à 15% par an, vous êtes au nombre de près de 700 aujourd’hui. Vous êtes actifs dans le domaine associatif. Deux institutions ont vu le jour à mon initiative et pour votre service : l’association « Victoria Accueil » et l’Association des Entrepreneurs français », dont vous trouverez facilement les activités sur leur site Internet respectif.

La France, ce sont aussi nos touristes, toujours et de loin le contingent le plus nombreux et le plus fidèle : près de 23.000 d’entre eux ont visité les Seychelles au premier semestre 2016, soit une hausse de 20% par rapport à la même période de l’an dernier.

La France ici, c’est aussi tous ces jeunes coopérants, pour la plupart volontaires et pour la plupart en provenance de La Réunion, plus d’une vingtaine, qui apportent leur savoir et leur savoir-faire dans tous les domaines de l’éducation, de l’économie, des médias, de l’environnement.

La France, ce sont aussi nos entreprises, qui m’aident à construire un maillage équilibré de nos relations commerciales et industrielles. Elles souhaitent investir, produire et innover avec leurs partenaires seychellois, estimant que leurs produits ou projets sont adaptés au marché local. Je pense en particulier à nos fleurons de La Réunion, que je m’emploie à galvaniser, avec l’aide précieuse du Club Export et de nos partenaires de la Chambre de Commerce et d’industrie des Seychelles, y compris dans le domaine agroalimentaire, où de grands espoirs sont placés.
Monsieur le Ministre,

La France – toutes ces France en réalité- veut accompagner votre pays dans ses mutations et dans son essor. Elle vous assure de son amitié, fondée sur le respect et l’entraide, mûrie par le recul historique et le voisinage géographique de l’Océan Indien. Elle se propose de suivre ce qui est la vraie voie entre amis, la route du cœur et l’appui aux forces vives de chacune de nos nations, notre jeunesse.

J’ai souhaité cette année, dans cette fête collective, ouvrir la célébration du 14 juillet à nos enfants pour lesquels un espace particulier a été aménagé, grâce aux bons soins de ISPC, que je remercie. J’ai voulu y associer un groupe d’enfants de la Maison du Président, pour que se mêlent les connivences, si possible en langue française, que nous avons aussi en partage !

Puisque l’on parle de cœur, vous me permettrez, Monsieur le Ministre, de faire une petite digression. Tous les efforts réussis ces derniers douze mois dans le cadre de ma mission n’auraient jamais été aussi manifestes sans le travail et la qualité de mes collaborateurs.

Dans quelques jours, parce que cela est ainsi dans les rotations du corps diplomatique, j’aurai la malchance de voir partir le premier d’entre eux, mon premier conseiller et conseiller culturel et de Coopération, M. Patrick BUZAUD, appelé à d’autres fonctions. Je souhaitais lui dire, devant les ministres ici présents et nos compatriotes, un grand merci pour ses conseils avisés et sa plume élégante, oui, il existe encore heureusement des diplomates qui savent écrire et bien écrire !
Je lui exprime ma reconnaissance pour tout ce qu’il m’a appris de ce pays et lui souhaite, ainsi qu’à son épouse Wafa, autant de bonheur qu’ils m’ont dit en avoir eu aux Seychelles. Ce qui, j’en suis bien conscient, ne sera pas facile !!

« Il ne faut pas être triste du départ d’une personne, mais du bonheur qu’on a eu de la connaître »

Chers Amis,
Tolérance, liberté, fraternité, respect de l’autre, unité nationale sont les valeurs essentielles portées par le « 14 juillet ». Car, il faut quelquefois le rappeler, ce que nous célébrons ensemble aujourd’hui n’est pas la prise de la Bastille, c’est-à-dire le 14 juillet 1789, mais la « Fête de la Fédération » du Champ de Mars le 14 juillet …1790 !

C’est le symbole de la réconciliation nationale et de l’unité de tous les Français. Et je suis particulièrement heureux, avec ma famille, mes collaborateurs et tous mes compatriotes, de la partager avec vous, Monsieur le Ministre, et tous nos amis seychellois.

Avant de vous céder la parole, Monsieur le Ministre, au nom de la France et des Français, je porte un toast au Président de la République, M. James Alix MICHEL et au bonheur du peuple seychellois.
Vive la France !
Vivent les Seychelles !

Dernière modification : 01/08/2016

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